Bientôt 5 mois que je suis indépendante ou freelance en tant que community manager (principalement). Et avant de me lancer je me suis posé mille questions ! Même quand j’étais dans ma phase de départ de mon ancien boulot, j’étais plus angoissé par les premiers choix à faire car cela déterminait selon moi tout le reste. Quand j’y pense, ce n’est pas faux (même si on a tous le droit à l’erreur) et ça sauve pas mal de temps/argent/stress en moins de bien se préparer.

Voici mes quelques conseils pour vous aider. La liste est non exhaustive, si jamais vous avez des interrogations autres je pourrais en faire des articles plus spécifiques ou vous répondre en commentaire.  Alors préparez-vous, accrochez bien votre parachute on ne sait jamais et sautez dans le grand bain du monde des freelances !

Bien choisir son statut

Quand j’ai réfléchi à mon statut, j’ai tout de suite pensé à celui d’auto entrepreneur. C’est un peu le statut passe partout que l’on brandit à celui/celle qui veut se lancer dans le grand bain de l’entreprise et qui ne sait pas trop où il va. Il est très bien ce statut mais attention, ce n’est pas le seul.

Mon grand conseil avant de remplir quoi que ce soit c’est d’appeler un comptable. Normalement (c’est le cas avec celui que j’ai choisi), chaque comptable vous propose un rendez-vous gratuit pour parler de votre projet et vous aider avec quelques conseils, notamment sur votre statut. Allez y déjà préparé (votre projet, quelques chiffres comme un prévisionnel, votre situation personnelle…) et il pourra déjà vous proposer des pistes pour prendre votre décision.

Pôle Emploi ne m’a pas du tout aidé et je peux vous dire que de toute manière, ce n’est pas un mystère, que ce soit pour trouver du boulot, vous aider dans vos démarches ou même vous donner un papier, je les trouve limites parfois.

Pour ma part, j’ai choisi le statut EIRL (Entreprise Individuel à Responsabilité Limité) pour plusieurs raisons : j’avais besoin de me lancer rapidement (j’ai littéralement quitté mon ancienne entreprise et le lendemain, ouvert la mienne !), je savais que j’allais dépasser le plafond de chiffre d’affaires en auto-entreprise (32 900€ sur l’année), j’ai une grande liberté (pas de soucis avec des fiches de salaires, je me verse une rémunération en me faisant un simple virement bancaire), la création est plutôt rapide aussi.

Par contre, en EIRL, le patrimoine professionnel et personnel est confondu, ce qui veut dire qu’il faut être extrêmement vigilant car vous serez redevable à titre personnel des dettes de votre entreprise. Si vous avez des biens (maison, voiture, patrimoine en tout genre…), pensez à bien remplir votre déclaration d’affectation de patrimoine pour distinguer le patrimoine perso du pro. Si jamais vous avez beaucoup de biens à protéger ou de grande valeur, notaire pour le conseil et protéger vous en amont.

Mon entreprise est en nom propre, mais je peux aussi avoir un nom commercial. C’est pour ça que j’ai choisi Kinomi comme nom pour mon entreprise. Je trouve que cela fait plus professionnel et j’aime beaucoup ce rappel avec mon blog, Kinoko.

> Mes démarches

Je vais vous expliquer un peu les démarches que j’ai faites pour avoir le droit de facturer mes clients et de travailler en tant qu’indépendante en EIRL. Attention, pour un autre statut, je vous invite à vous renseigner sur les internets car il est possible (même certain), que cela diffère.

N’hésitez pas à demander de l’aide à des entrepreneurs ou des freelances proches de vous. Aucune question n’est bête, il vaut mieux la poser pour se rassurer que de foncer tête baissée.

L’avantage d’ouvrir une entreprise individuelle ou une auto entreprise, c’est que les démarches sont vraiment simplifiées et ne prenne pas trop de temps. Je pense qu’en 20 jours j’avais tout en main (sauf l’ARCE mais on va y revenir).

Je me suis rendue sur le site guichet-entreprises pour effectuer mon inscription auprès de mon CFE (URSAFF) et créer mon entreprise administrativement. Cela prend 40 min avec toutes les infos et vous pouvez tout suivre en ligne (pas besoin de se prendre le chou avec l’URSAFF et le RSI dès le début du coup). J’ai reçu en 12 jours mon immatriculation (SIRET) de la part de l’INSEE puis j’ai dû faire un tour au Greffe du Tribunal pour avoir mon extrait d’immatriculation (car déclaration de patrimoine).

Et c’était bon !  Cependant, chose que j’aurais du faire en amont avant tout cela : ma demande d’ACCRE et d’ARCE, car oui c’est possible avant même de créer son entreprise ! L’ACCRE consiste en une exonération partielle de charges sociales pendant un an et l’ARCE est le versement d’une partie de ses allocations chômage sous forme de capital (45% de la totalité de vos allocations versées en deux fois : une fois au début de votre activité, le reste six mois après si vous êtes toujours en activité).

Vous aurez donc un peu d’argent pour débuter et une exonération de charges pendant 1 an (attention, pas sur toutes vos charges mais quand même, c’est chouette).

ANTICIPER LES CHARGES ET VOS FINANCES

Quand je parle de charges et finances, c’est ultra important de prévoir toutes ces choses, car c’est le genre de soucis qui va vite vous poser problème si vous n’anticipez pas. Je suis quelqu’un d’ultra prévoyant (le genre écureuil) mais j’aime bien avoir mon confort et savoir que je ne vais pas manger des pâtes pendant 1 an.

Le RSI - L'URSAFF - *ajoute l'organisme que tu veux*
Le RSI – L’URSAFF – *ajoute l’organisme que tu veux*

Du coup, je vous conseille fortement de calculer avec plusieurs scénarios possibles. Si vous démarrez de 0 (sans projets, ni clients), mettez de côté ce qui vous permettra de vivre et payer vos charges sans tuer votre projet dans l’oeuf, soit compter sur l’ARCE ou votre chômage (selon la durée) pour commencer tranquillement votre activité. Sachez que vous pouvez demander le calcul de vos indemnités à Pôle Emploi, c’est bien les seuls à pouvoir vous sortir les chiffres si ça peut vous rassurer (sinon vous avez le simulateur pour avoir une idée).

Si la seule raison qui vous empêche de vous lancer en freelance est l’argent, faites tout pour que celle-ci disparaisse en vous rassurant et en anticipant. C’est possible !

Pour ma part, il n’y a pas eu de pause car j’ai enchaîné directement sur deux missions avec deux clients différents. Mais j’ai quand même eu le droit d’avoir l’ARCE, ce qui m’a permis de pallier au creux entre ma fin de CDI et mes premières factures.

Pour les charges, vous avez quelques outils qui peuvent vous aider à savoir ce qui va sortir (ici ou ici). Pour les charges sociales (RSI, je t’aime) on compte pour une EIRL environ 35% de charges. S’ajoute ensuite l’IR (impôt sur le revenu) si vous choisissez cette option (sinon vous avez l’IS – impôts sur les sociétés). Sans parler des différents achats et charges fixes (comptable, abonnement téléphone…)

Pour info concernant la TVA : à ce jour, je suis en franchise de TVA (c’est à dire que ,comme mon CA est inférieur à 32900€, je ne facture pas de TVA et je ne peux pas la récupérer sur mes achats) mais je vais dépasser le CA maximum en AE, je serais donc bientôt en régime réel simplifié (mon EIRL devra reverser chaque semestre la TVA). C’est dans ces moments là que je me dis que je suis bien contente d’avoir un comptable (pas envie de me prendre le chou avec les chiffres).

faire marcher son réseau

Je pense que le réseau ou le premier cercle est bien le premier à pouvoir vous faire de la publicité ou vous trouver des clients. Vos anciens camarades de classe, vos anciens collègues, vos amis ou même votre famille, ce sont les premiers qui pourront vous faire de la publicité et on n’y pense pas toujours (ou on n’ose pas).

N’hésitez pas à activer votre réseau ou à parler de votre activité autour de vous car vous seriez surpris des réactions des gens. Il se cache parfois un futur client là où on ne l’imaginerait pas ! Pour le reste, je ne vous apprendrais rien en vous disant que mon blog a été mais est encore une belle vitrine pour mon savoir-faire. C’est une passion qui est devenue mon premier portfolio.

Certains n’aiment pas mettre en avant cet aspect mais je trouve ça dommage de ne pas montrer ou se servir d’une passion (certes, je me mets en avant de façon très personnelle) mais je pars du principe que je me suis mis en avant de façon publique et que si un client veut me trouver sur internet, il y arrivera. Autant en faire une force et utiliser ce savoir faire et cette passion.

Soyez fiers de vos compétences !
Soyez fiers de vos compétences !

BIEN définir votre offre et vos tarifs

Aaaaah, la question des services et des tarifs, dur dur… Définir son offre a été plus simple que définir ma tarification. Je pense qu’il faut partir de ce que vous souhaitez faire, savez faire et proposer ce type de service à vos clients.

Par exemple, mes missions sont majoritairement autour du community management mais je travaille aussi sur de la rédaction ou de la création de site ou de newsletter. Testez et faites ce qui semble le plus sympa, juste et chouette. Il y a de grandes chances que vous ajustiez tout ça avec le temps.

Si un client vous propose la moitié de ce que vous lui proposez en tarif, dites-vous qu’en plus de travailler pour gagner moins, il risque d’être un client difficile. Evitez-vous des ennuis.

Pour les tarifs, c’est difficile de répondre car je suis moi même confronté à ce dialogue avec moi même quand je dois faire un devis. Cependant, une chose est bien sûr : ne vous dévalorisez pas. Pour débuter quelque part, en comparant la concurrence, en allant sur des sites comme Hopwork pour avoir une idée. Partez de votre prévisionnel pour savoir combien par mois vous souhaitez gagner et calculer votre tarif horaire, journalier ainsi que des forfaits pour des missions globales.

AVOIR DE BONS OUTILS

Travailler dans un endroit confortable avec un ordi qui fonctionne, c’est quand même mieux que de bosser dans un café bruyant avec un ordi qui plante quand vous ouvrez Photoshop non ?

Même si mon activité ne requiert pas de gros investissement, je suis ravie d’avoir un bureau sympa dans un espace consacrée à mon activité, avec un super ordi et j’ai également un téléphone pro (une façon à moi de bien séparer le pro du perso).

Si vous le pouvez, investissez dans votre matériel. Vous avez besoin d’un logiciel ? Anticipez sur votre prévisionnel et calculez si vous pouvez vous acheter ce programme pour vous aider. Un bureau sympa, un endroit calme et bien rangé (et bien équipé) est drôlement plus cool qu’un petit bout de canapé ;)

se faire une belle vitrine et veiller à son image

Je viens juste de plus ou moins terminer mon site web et de le mettre en ligne ! J’étais fière de moi car c’est du boulot en plus et comme on dit, ce sont toujours les cordonniers les plus mal chaussés !

Même si vous avez facilement des contacts ou que vous ne ressentez pas le besoin d’avoir un site ou une belle carte de visite, détrompez vous : ça peut réellement faire la différence ! Je l’ai bien vu car çà plusieurs reprises, avant de m’en occuper sérieusement (4 mois après mon début d’activité) qu’avoir une belle carte de visite à donner à une personne qui s’intéresse à mon activité ou donner simplement le nom de mon site pour montrer l’étendu de mon offre de services, tout cela était bien utile.

N’hésitez pas à anticiper ce type de choses car vous serez vite submergé par le reste et surtout, le travail pour vos clients.

Et vous, souhaitez-vous devenir freelance ?

4 Petits Mots

  1. Ah c’est chouette de lire (enfin !) la partie création d’une EIRL ! Je suis AE, et j’ai toujours eu des exemples de création d’auto-entreprise, jamais des autres, c’est cool :D

    J’ai sensiblement le même avis que toi sur Pôle Emploi. Lorsque j’ai démissionné pour me consacrer pleinement à mon activité de CM Freelance (copine !), je me suis retrouvée sans aucun revenu étant donné que lorsque tu démissionnes tes droits au chômage sont « gelés ». Pour en bénéficier rapidement, il faut passer en commission, qui traite au cas par cas les demandes. Je ne l’ai pas fait, et j’ai le goût amer que Pôle Emploi mets des bâtons dans les roues et que tout est laborieux avec eux.

    Bref, un article très utile, merci Julie ! ;)

  2. Hello Julie,
    Je t’ai découverte depuis peu et j’adore ce que tu fais, que ce soit ton blog ou tes vidéos.
    Alors moi aussi j’ai quitté mon entreprise il y a environ deux ans et j’ai pu obtenir une rupture conventionnelle. J’étais assistante marketing et spécialisée dans la partie graphiste-mise en page.

    Comme toi la fin ne s’est pas bien passée puisque j’ai fait un burn-out qui m’a conduite à une dépression pendant plusieurs mois (dont deux en arrêt maladie). En fait, ma supérieure me mettait une pression qui était à la limite du harcèlement moral (je ne sais pas où s’est situé la limite).
    Suite à ça, j’ai également décidé de créer mon activité en tant que graphiste print mais moi, je me suis inscrite dans une scop. L’avantage, s’est qu’ils prennent toute la partie comptable, juridique et administrative en charge (moyennant évidemment un pourcentage sur mon chiffre d’affaire).

    Cela fait maintenant 20 mois que je me suis inscrite et je n’arrive pas vraiment à décoller et à gagner ma vie. Pour ça, j’ai encore Pôle Emploi (il n’y a bien que pour ça qu’ils sont utiles) mais fin 2017 tout va s’arrêter.
    Quoi qu’il en soit je suis comme toi, j’aime travailler en équipe mais j’adore travailler chez moi. Je suis au calme, j’organise mon travail comme je l’entends – d’ailleurs, je fais souvent plus d’heures qu’en entreprise et je travaille parfois le week-end, mais c’est mon organisation.

    Enfin voilà ! Encore bravo pour tes articles !
    Bisous
    Dominique

  3. J’adorerai devenir freelance, mais je ne sais pas du tout dans quel domaine me lancer ! Du coup je m’informe, je lis des articles, et je me lancerai quand l’idée me sera venue :)

  4. Coucou,

    Je te suis depuis plusieurs années maintenant et j’adore ton article. J’ai également lu ton article où tu as envoyé valsé ton CDI. J’avoue que je me suis beaucoup retrouvée dans ton article car après ans, où on m’a totalement vidée, je me retrouve en burn out depuis 2 mois déjà avec un gros risque d’AVC. Bref mon premier CDI, auquel j’aspirais tant, a bien failli me coûter la vie.

    Comme toi, mon rêve est de devenir indépendante. Malheureusement pour moi, je me rend compte que les études que j’ai faites, ne m’aideront pas pour ce que je voudrais faire et en Belgique, on va dire que le climat économique ne favorise pas les indépendants. Bref, je me sens vraiment coincée.

    Mais ton article me met du baume au coeur et me redonne espoir que tout est possible.

    Je te souhaite tout le succès que tu mérites dans ta nouvelles aventure freelance :)

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