Nous revoilà. Oui, nous car je ne suis pas seule :  « Kinoko » est en train de changer. J’aime faire évoluer cette aventure qui s’étend au fur et à mesure des années : des articles, des réseaux sociaux, des vidéos, et maintenant, j’ouvre la porte de cet univers à une personne qui m’est chère, « mon homme » : Rémi.

Vous le connaissez déjà si vous me suivez un peu partout (ou via mes petits lives Youtube), Rémi est mon amoureux depuis 13 ans. Il me soutient dans tous mes projets et même dans les coulisses, il participe et contribue à ce que Kinoko soit une aventure que j’aime toujours autant partager, avec vous, et aussi avec lui.

Aujourd’hui, je voulais lui laisser de la place sur le blog pour que lui aussi partage à son tour des choses qui lui tiennent à coeur. Il adore écrire (il aura peut-être l’occasion de vous en parler) et c’est à travers ce premier article qu’il souhaite essayer de trouver une place sur le blog. Et qu’il devienne un peu le sien aussi  🙂


Eh bien ! me voilà donc, apparemment. Tu te demandes peut-être comment je suis arrivé là ? Tout a commencé quand Julie a voulu que je t’écrive un article sur ma peau (très chiante ne nous le cachons pas). Finalement, c’est elle qui t’a écrit cet article sur ma KP. Depuis il y a eu pas mal de changements à ce sujet, il faudra peut-être que je t’en parle, si ça t’intéresse bien sûr !

Récemment, elle a entendu certaines remarques lancées par des gens à mon égard. Elle souhaitait vraiment que je t’en parle, ça m’a pris du temps de me décider. Mais ça y’est, : me voilà !

Comme un homme
Sois plus ardent que le feu des volcans

Tu te demandes quelles étaient ces remarques n’est-ce-pas ?

Régulièrement,  que ce soit avec des proches ou des moins proches… voire des inconnus, je suis jugé. On l’est tous, pas vrai ?  C’est pesant, hein ?

Cette fois-là (qui a poussé Julie à me faire te raconter cette histoire), une collègue de travail que j’apprécie lui avait avoué que lorsqu’elle m’avait rencontré pour la première fois, elle pensait que j’étais gay. Cette impression lui serait venue pour la bonne et simple raison que j’étais très proche des enfants (pendant cette période je travaillais encore en tant qu’animateur dans une école élémentaire). En plus, il paraîtrait que j’ai une voix « douce », que j’utilise des expressions que l’on aurait, apparemment, plus l’habitude d’entendre chez la gent féminine et que je serai légèrement maniéré.

Je ne lui en veux pas. Ce n’était pas la première fois que j’entendais un tel discours. Pour Julie ça l’était peut-être ou en tout cas, elle ne l’entendait pas aussi souvent que moi, j’imagine. J’ai grandi avec ces jugements, je me suis construit avec eux. Ça ne me fait plus grand-chose aujourd’hui et j’en rigole tout simplement.

Tu le sais peut-être, Julie t’en a peut-être déjà parlé, mais j’ai moi aussi une chaîne Youtube. J’y parle surtout jeux vidéo (tiens ça tombe bien, j’ai regagné un point sur l’échelle de virilité selon les cons !) et pendant des livestream on m’a déjà dit par exemple : « Tu es un des rares youtubers avec une voix efféminée que j’arrive à écouter ». Pour autant, c’est très subjectif. Certaines personnes trouvent aussi que j’ai une voix relativement grave (on s’y perdrait presque !). Des anecdotes de ce type j’en ai des tas, ça ne m’a jamais vraiment blessé.

Pourtant cela dénote tout de même un mal profond de notre société qui a tendance à tout « genrer » ce qu’elle perçoit. Tout doit être compartimenté dans des boîtes, et si ça dépasse un peu dans un sens ou dans un autre, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche.

Ce qui induit en l’occurence un terrible cliché qui voudrait que les garçons homosexuels soient tous efféminés, qu’un homme hétéro avec des traits féminins (physique ou moral) ne soit pas en accord avec son orientation sexuelle… On en revient donc au point de départ : pourquoi un comportement serait plutôt masculin que féminin ? Parce que statistiquement il est plutôt reproduit par un sexe en particulier et pas un autre ? Est-ce que c’est une information suffisante pour genrer tout et n’importe quoi ?

Je pense fondamentalement que l’organe sexuel ne devrait définir qu’un caractère anatomique et biologique d’une personne, rien d’autre.

À SUIVRE…

Oui, je sais que c’est pas cool les « To be continued… » mais là, l’article commence à être un peu long et je te vois déjà en train de bailler. Tu vois, je pense à toi finalement !

Si le sujet t’intéresse et que me lire ne te dérange pas trop, on se revoit vite pour que je te raconte la suite de ces anecdotes sur « Cet homme que je ne suis pas » et au programme, je te réserve notamment une punchline de ouf ! Alors, surveille Kinoko et ne rate pas la suite ! 😉

P.S : Et si vraiment t’apprécies pas que je marche sur les plates-bandes de ta blogueuse préférée, je m’éclipse et tout redevient comme avant. 😜

Rémi

(ou docteur Rémi pour les intimes 😉)

12 Petits Mots

  1. Hello Remi 🙂 Bonne surprise que de voir « Kinoko » se diversifier ! Tu commences fort par un sujet profond et très intéressant. J’ai hâte de lire la suite de « l’histoire » (si on peut l’appeler comme ça ^^)
    Sur un sujet similaire, mais plus axé sur l’apparence et « la mode » j’avais écrit ceci : https://www.facebook.com/notes/korean-inspiration/humeur-genderless-et-si-c%C3%A9tait-la-solution-/1559711710746111/ qui, il me semble, rejoint un peu ce que tu écris sur la définition d’un comportement (ou non).

    • Bonjour ! Merci pour ton retour ! 🙂
      J’ai lu ton billet d’humeur sur le mouvement « genderless » et j’ai trouvé ça super intéressant ! Dans le contexte du boulot (Nous travaillons avec Julie pour un restaurant Coréen) je pensais justement écrire un article sur le rapport à la beauté des hommes en Corée (beaucoup plus libéré que chez nous, il me semble).

      En tout cas, hâte de te retrouver par ici pour la suite de l’article. 😉

  2. Bonjour! Ce thème est en effet intéressant, il y a sans doute beaucoup à dire et à développer. Merci pour ce partage !

  3. Hey Rémi 🙂
    J’ai beaucoup aimé cet article, c’est agréable de lire des choses différentes, et notamment le point de vue d’un homme (que l’on trouve assez rarement sur la blogo). Je crois qu’on connaît tous ce sentiment de « classification », et peut-être qu’on en parle davantage au féminin qu’au masculin, ce qui est dommage. Moi, je suis une femme qui, la plupart du temps, s’habille de façon assez classique et mixte, surtout par confort. Quand j’ai parlé de ma bisexualité à mes proches, certains m’ont dit qu’à ma façon de m’habiller, ils se doutaient que j’étais « au moins un peu lesbienne », et j’ai trouvé ça complètement ridicule. Je m’en suis presque voulue que ma bonne étoile ait fait de moi une personne non-hétéro et m’ait en plus donné des goûts assez mixtes, voire un peu masculins. Et cette étiquette, elle m’est longtemps restée collée à la peau (et elle l’est encore). J’aime beaucoup ce qu’on peut considérer comme étant féminin (maquillage, robes…), autant que ce qu’on peut considérer comme étant masculin (jean un peu large, chaussures un peu plus lourdes, bretelles…). Eh bah à chaque anniversaire, on va m’offrir des choses plus masculines, mais jamais de maquillage, même lorsque j’en demande. Quand j’en achète, on me dit que c’est inutile parce que je ne me maquille pas (alors que si, régulièrement !) C’est comme si le monde autour de moi voulait voir uniquement la partie qui le conforte dans l’idée que, parce que je suis bi, j’ai une grande part de masculinité en moi.
    Bref, voilà, je raconte ma vie ! Je comprends entièrement cette forme d’étiquette étrange qu’on t’attribue pour des raisons obscures et ridicules. Je crois que parfois, même poliment, il ne faut pas hésiter à pousser les autres à réfléchir à ce sujet. Par exemple, cette collègue, peut-être que ça aurait été intéressant de lui dire « Parce qu’une personne homosexuelle est forcément efféminée ? », simplement pour qu’elle se rende compte par elle-même de l’absurdité de ses propos. C’est pas toujours évident et on en a rarement le réflexe mais j’essaie de le faire de plus en plus !

    Hâte de te retrouver ici hihi :p

    • Salut Léa 🙂
      Merci pour ton retour et ton témoignage qui nourrit davantage cet article !
      J’imagine bien que ça ne doit pas être évident à vivre comme situation. Au final, ton entourage ne te connaît peut-être pas vraiment ? Ils se contentent peut-être de l’image qu’ils ont de toi, la considère comme acquise et continuent de l’alimenter malgré toi.

      Comme tu le dis à la fin de ton message, le dialogue est sans doute super important. C’est vrai que j’aurai pu « lancer un débat » avec ma collègue. Dans le fond, je pense qu’on finit par s’habituer des clichés malheureusement. On vit avec, plus ou moins bien, certains les ruminent d’autres en rient… finalement c’est plus facile de les dénoncer dans un article plutôt que de le faire sur le moment quand tu les subis réellement. :-/

  4. J’ai beaucoup aimé cet article.
    Je viens de tomber par hasard sur ce blog via hellocoton & je suis plutôt contente.
    C’est vrai que l’on entend toujours des tas de remarques sur les gens, des préjugés à longueur de temps, ça en devient fatiguant. Je ne vois pas l’intérêt de juger les gens sur leur façon de parler ou de se vêtir ou même pire encore, sur le métier ! Ces stéréotypes sont, selon moi, tellement agaçant.
    J’ai hâte de découvrir la suite de cette « histoire ».
    Bonne soirée 🙂 !
    Méryl

  5. Je n’ai pas pour habitude de commenter mais là, c’est un sujet que je « maîtrise » plus ou moins.
    En fait, mon chéri a vécu plus ou moins la même situation.
    Il a grandi dans une famille de 4 enfants mais était surtout très proche de sa grande soeur (2 ans de + que lui). Ainsi il l’a souvent accompagné dans pas mal de ses activités. Avant de me rencontrer (quand on était au lycée) pas mal de gens pensaient qu’il était gay parce qu’il prend soin de lui, il aime bien choisir ses habits, bien s’habiller, il est assez petit et a pas une voix super grave. Et surtout parce qu’il avait essentiellement des amies et trainait très peu avec des mecs.

    En un sens, il a été pas mal jugé sur cela et ça a pu le peiner quand il était plus jeune. Aujourd’hui il me dit qu’en un sens, ces jugements lui ont permis de se construire et ont fait de lui la personne qu’il est maintenant.

    En tout cas, tu as l’air d’être un mec super sympa et très réfléchi, vous allez très bien ensemble avec Julie et vos articles sont top !

    • Merci beaucoup Flo ! 🙂 C’est réconfortant de lire que l’on est pas seul (même si on le sait, on a souvent tendance à croire le contraire). Je comprends totalement que les jugements que ton chéri a pu subir ont participé à la construction de sa personnalité, je ressens la même chose. 😉

  6. Pour répondre à une partie de tes questions je te conseille le livre « sociologie de l’homosexualité » de Sébastien Chauvin (pas tout mais une bonne partie des chapitres). En gros il y a eu en renversement : au début des années 1900 la définition de l’hétérosexualité c’était pas celle d’aujourd’hui mais un appétit sexuel surdéveloppé. Cette vision a évolué. Avec la politique de natalité, la peur de la dépopulation, etc. on en est venu à nuancer les règles interdisant ou voyant mal le plaisir charnel et donc à accuser la chasteté de favoriser le rapprochement de personnes de même sexes (et donc l’homosexualité). Maintenant tout homme est « soupçonné ». Et puis il y a eu une autre évolution : quand on a commencé à comprendre qu’un homosexuel n’était pas forcément efféminé, tout homme est devenu « soupçonnable ». Tout ça va avec la peur de l’inversion des sexes (peur si importante que pour te donner une idée ça a été une des raisons pour lesquelles on a longtemps refusé le pantalon aux femmes et là je te renvoie à »Une histoire politique du pantalon » de Christine Bard).

    • Wow ces bouquins ont l’air super intéressants :O Je t’avoue que je n’avais pas la moindre idée d’un tel revirement sociologique même si on se doute bien que tout ça évolue avec les époques.
      Merci pour le partage, je vais essayer de trouver ça 🙂

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