Je voulais vous parler depuis un moment de ces émotions que je ressentais sans vraiment savoir mettre les mots dessus. Je vois de plus en plus fleurir des articles sur les blogueurs/blogueuses qui sont déçus, tristes, ne se sentent plus à leur place dans la blogosphère. Mais aussi sur Youtube, qu’il y a une certaine dégradation de la communauté, on sent une certaine négativité, une colère même.

Et puis je suis tombé sur ce thread Twitter partagé dans mon fil récemment :

Je vous conseille d’aller le lire pour mieux comprendre le fond de ma pensée et aussi cet article. Je citerais d’ailleurs certains tweets de ce magnifique thread.

On a beau dire, sur internet et particulièrement via les réseaux sociaux, nous nous montrons, nous « sommes ». Nous sommes une extension de nous-mêmes sur internet, mais pas forcément représentative de ce que nous sommes dans la vie de tous les jours. Que nous le voulions ou non.

Et si je vous parle de ça c’est parce que personnellement, j’ai ressenti un certain mal-être à être présente sur internet et notamment sur mon blog et Youtube. Et par extension les réseaux sociaux, car tout est lié. Communiquer plus, pour être plus, plus visible et toujours là. Pour ne pas qu’on m’oublie, qu’on me laisse, pour toujours de côté.

Se faire remarquer.. Pourquoi est-ce si important ? Ça permet un statut social, la reconnaissance et appréciation des autres.

Comme le dit ce charmant jeune homme, « nous sommes des êtres sociaux », à la recherche d’approbation, de validation extérieure. Ce qui m’a rendu mal ces dernières semaines, ces derniers mois, c’est cette importance que je mettais dans ma vie quotidienne à cette validation. La vôtre, celle d’inconnus, sur ce que je publie, partage, tous les jours.

Cette pression quotidienne qui se multiplie par mon travail en freelance. Social Media Manager, ce qui implique de la gestion de réseaux sociaux de marques. Même si ce sont les marques qui parlent, c’est moi derrière et je peux vous dire qu’il faut avoir une sacré patience et la tête froide pour ne pas péter un plomb devant certains commentaires. On a beau dire, on le prend pour soi, surtout quand on a ce sentiment de vouloir bien faire son boulot : on a tendance à le prendre pour soi.

Revenons à ce sentiment de mal être sur les réseaux sociaux. Ce qui m’a dérangé c’est de voir immerger pas mal de discours similaires, comme un écho à ce que je ressentais ou ressent encore aujourd’hui. On se sent mis à l’écart, parce qu’on a plus la même visibilité qu’avant, on a l’impression de ne plus compter car plus on est, plus l’offre est vaste. Et puis on change : je ne suis plus les mêmes personnes sur Twitter ou Youtube que je suivais il y a 5 ans. Moi aussi je fais du ménage dans mes abonnements, mes goûts changent.

Et là où cela devient « dangereux », c’est quand on se change soi, en tant que personne.

FAKEYOU = La personnalité online que l’on veut être, l’image que l’on veut donner. Certains restent 100% authentique, mais ils sont très peu.

On finit pas devenir ce que l’on ne voulait pas, on ne veut pas, sans même s’en apercevoir. On publie un type de contenu totalement à l’opposé avec nos valeurs, notre morale. On est productif « parce qu’il le faut ». On devient un produit, quelque chose de consommable. L’offre est la demande, ça va, ça vient. Il faut rester performant. On obtient plus de likes, de commentaires, de partage, de vues… Ca valide forcément ce qu’on fait alors.

Vous n’avez plus la maîtrise de vos sentiments, votre estime, vos émotions. Et si j’étais si mal, c’est parce que chaque jour, je regardais ces chiffres, je comparais, je me posais des questions. Suis-je si intéressante ? Pourquoi on ne me lit/regarde plus autant qu’avant ? Qu’est ce-qui a changé ? Ce que je dis ne plait pas du tout alors dois-je changer pour plaire aux autres ?

Ces questions sont loin d’être des choses qui m’importent dans la vie, mais sur internet je laissais ces doutes et ces validations extérieures décider de mon bonheur et de mon état de penser.

Votre bonheur, votre confiance, votre self-estime, vous avez la mainmise dessus. Ne laissez pas les autres décider pour vous.

C’est en lisant ce thread que j’ai pu mettre des mots sur ce que je ressentais à cet instant précis (merci d’ailleurs à la personne qui l’a partagé sur mon fil. Il y a aussi beaucoup d’avantages à ce nourrir de ce que l’on voit sur les internets). Cette confiance que je perdais peu à peu, je devais la récupérer. c’est comme si j’avais donné la clé de mes sentiments à des inconnus qui, sûrement dans le fond, s’en fichent complètement.

Et je vous avoue que ce soit sur Youtube ou sur mon blog, je ne voulais pas créer des contenus, dire des choses, accorder de l’importance à des personnes ou idées qui ne me correspondent pas. Il arrive souvent qu’on se laisse emporter par un besoin de reconnaissance qu’on en devient désespérer, au point de ne plus se reconnaître. Je ne veux pas laisser ça arriver.

Comprenez bien que votre confiance doit venir de vous même. Ce ne sont pas les autres qui doivent vous valider, C’est vous.. Et vous seuls.

C’est plus facile à dire qu’à faire, mais je fais de mon mieux pour ne pas être dépendant à cette attention que l’on peut porter à ce que je fais, dis ou partage. Dans le fond, j’adore échanger avec vous, je le répète souvent mais c’est le but premier de mon blog ou ma chaîne : partager avec vous et plus de monde les sujets qui m’intéressent. On a tous envie d’être écouté, entendu et compris. De mon côté, je pense que tout cela ne vaut pas le prix de ne plus être soi, de ne plus se reconnaître en tant que personne.

Je n’ai pas envie de regretter mes actes ou mes paroles dans 5 ou 10 ans, ne plus me reconnaître, ressembler à tout le monde. Je veux être heureuse pour ce que je suis, dans la vie comme sur internet et ne laisser la clé de mon bien-être à aucun like ou commentaire.

2 Petits Mots

  1. Je comprend tout a fait ton point de vue et m&y retrouve un peu. J’ ai fait un blog il y a quelque temps. et cette frustration de ne pas etre lue, ou commentee … on a juste l’impression de faire du vent.

    Bref, pourtant, je suis de celle qui regarde beauuuucoup youtube ou lit certains blogs … masi je ne commente pas dans 98% des cas >.<

    Bref, je te souhaite bonne continuation car j'apprecie enormement ce que tu fais 🙂

  2. J’ai commencé à ressentir un malaise aussi, parce que j’ai parfois l’impression de vivre des choses pour pouvoir les publier, aussi je donne trop d’importance aux retours et évidemment je prends trop à coeur le premier commentaire negative, je viens d’ailleurs tout juste de décider de faire une pause youtube et réseaux sociaux pendant au moins un mois pour faire le point

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